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Le Voyage des Plantes
septembre 8, 2007, 1:09
Filed under: Le Voyage des Plantes

PARCOURS BOTANIQUE

Astrid Verspieren
Paysagiste, France

Mark Brown
Paysagiste, France

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LE CHALLENGE

Une exposition qui débouche sur un projet pour proposer un souffle d’idées sur l’avenir:
Un jardin dieppois pour le troisième millénaire !

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LES FACTEURS DECLENCHEURS DU PROJET
Biennale d’Art, d’Architecture et de Paysage, Dieppe 2007, MIGRATIONS
Reconfiguration du paysage portuaire de Dieppe
La volonté de la ville de créer dans le futur un jardin botanique dans le parc de Rosendal
Prise de conscience de la disparition et de la perte de la diversité biologique

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LES IDEES MAITRESSES DU PROJET
Créer un jardin ouvert su le monde en révélant une nouvelle cartographie verte s’inscrivant dans la reconfiguration du paysage portuaire et sauvant la diversité biologique du port de Dieppe. Donner un but éducatif à ce projet.

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LA RENCONTRE DETERMINANTE
Ma rencontre avec Yves-Marie Allain, ingénieur horticole et paysagiste, spécialiste du voyage des plantes et de la survie des plantes au temps de la voile m’a mise sur la voie. Il m’a raconté l’histoire de l’implantation des premiers jardins botaniques, les jardins de ports. Je cite : « Ces jardins de repos ou d’établissement de liaison pour les envois de plantes et de graines vont être nécessaires, voire indispensables jusqu’à la généralisation de l’emploi des caisses de Ward dans les années 1840. Cette caisse permettra en effet les expéditions sans rupture du jardin d’origine au jardin de destination. » Le jardin de repos a une seule vocation : accueillir des végétaux pour quelques semaines ou mois avant de les faire parvenir à leur destination finale.

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LE TRAVAIL D’ARCHIVES
Aucune mention d’un jardin botanique antérieure et d’aucun négoce de plantes ou de graines. Seule la présence d’une manufacture de tabac est notifiée.

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L’ETAT DES LIEUX


1. LECTURE DES LIEUX

La toponymie des quais révèle les flux de Dieppe avec le monde extérieur. 6 destinations sur le monde extérieur sont apparues : Canada, Norvège, Afrique (Maroc, Dakar), Inde et Vietnam (Tonkin). Le jardin botanique pourrait s’inventer 6 jardins d’ailleurs, les 6 biotopes annoncés par les quais.

2. PRESENCE DE DEUX ECOSYSTEMES OPPOSES
• ESPACES VERTS
Sur le parcours établi dans la ville de Dieppe deux écosystèmes m’ont interpellé. Les jardinières qui font l’objet d’un grand travail et d’une pensée saisonnière et les vastes espaces vacants laissés à l’abandon. Dans la première nous avons à faire à une création ornementale composée de bégonias dragon wing, les pennisetums villosum, les surfinias, les angelonias et les mufliers et dans la dernière nous avons une
constitution de biotopes spontanés.
• FRICHES
Les friches présentent un grand intérêt botanique selon leurs implantations géographiques.
Les plantes sont porteuses d’histoire. Je cite Mark Brown dans la friche « cette plante est échappée du Mont Etna, il y a de tout pour les papillons, les bourdons, les abeilles, ancêtre des choses que l’on mange, couleur complémentaire, chargement des graines sur les wagons, roquette sauvage, plante mellifère, cailloux drainant, même le béton ne me gène pas, plante indigène, mixité, exotique, l’herbe à Robert, amarante, terrain sec, terrain humide, c’est tellement inattendu, chanvre indien, friche annuelle, prairie, verveine, fenouille sauvage, colza, euphorbe ». Un travail de sensibilisation est réalisé sur ces 3 friches (La gare, La calle sèche et Cours de Dakar).
La friche située non loin de la gare, le long des rails, présente une très grande diversité de plantes. Ne pouvant accéder à la friche de la gare, nous procédons à un « déménagement de la friche », un déplacement des plantes vers un autre lieu. Une cinquantaine de plantes retenues sont déterrées pour être remises en pot puis étiquetées. La plante est déplacée pour être isolée et mise en valeur. Un jardin de repots est installé au cœur de la gare. La friche sur le quai du Canada est riche d’espèces canadiennes telles l’Erigeron canadensis et l’Ambrosia artemisiifolia. Nous pouvons alors imaginer que les bateaux en provenance du Canada chargés de marchandises ont transporté avec eux des graines. La troisième friche, sur le cours de Dakar nous montre un terrain vague envahit par le buddleia. Les origines des plantes dessinent Dieppe au centre d’une nouvelle cartographie. La mondialisation est là au cœur de nos friches. Les plantes vivent et s’acclimatent ensemble.

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LE PROJET
Dans le contexte de la disparition et de la perte de la diversité biologique, planter des espèces indigènes est une démarche engagée qui révèle à l’échelle du port de Dieppe sa biodiversité végétale. Par l’exploitation des spécificités végétales des friches et par l’évolution des espaces verts de la ville existants ce projet est une préfiguration d’un jardin botanique à Dieppe. Une intervention à l’échelle urbaine par la création d’une cartographie verte éclatée à sentir, à regarder, à goûter, à toucher tout au long du parcours de l’exposition. Un jardin botanique dans la ville à l’image des continents séparés par les eaux. Seule la déambulation nous permet de passer d’un jardin à l’autre, d’une culture à l’autre. Les plantes sont les traces vivantes des échanges de Dieppe avec l’étranger, des migrations des hommes, de la flore et de la faune. Elles sont les témoins d’un monde en mouvement.


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LA SIGNALETIQUE
Le long de la voie ferrée, création d’un immense « Botanique Tags », fresque murale figurant un herbier représentant le patrimoine végétal de la friche qui participe au parcours dynamique de la connaissance. Dans un but éducatif le projet donne une importance à l’étiquetage. Un jeu de couleur est retenu pour différencier les provenances, jaune pour les autochtones et rose pour les exotiques.

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LE PARTENARIAT AVEC LA VILLE
Enthousiaste du projet, madame Bellanger, en charge de l’ensemble des espaces verts de la ville, nous propose de rencontrer l’ensemble de l’équipe Martine Marsault (directrice des services techniques) et Anthony Coussot (technicien supérieur des espaces verts). Son équipe produit l’ensemble des plantes pour répondre au calendrier de fleurissement. Cette sélection des plantes sera faite ensemble afin de créer les différents biotopes correspondant aux échanges de commerce qui ont transité dans le port. 50 jardiniers travaillent sur l’ensemble des espaces verts et un budget de 2400 euros est attribué à cet investissement.


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